Contexte et objectifs
L'évaluation du risque de s’engager ou de se désengager d'une trajectoire d'extrémisme violent a rapidement évolué au cours des 10 dernières années. Guidés par les avancées en psychologie et en criminologie, les chercheur·euse·s du domaine de la PEV ont essayé d'importer les leçons clés de l'évaluation et de la gestion du risque de violence, tout en tenant compte des particularités de leur domaine spécifique.
Cependant, les outils d'évaluation du risque développés dans le domaine de la PEV sont relativement récents, et des questions demeurent quant à leur niveau de validation psychométrique. Notamment, ces outils prédisent-ils ce qu'ils sont censés prédire ? Sont-ils fidèles et valides ?
Les coûts associés à une mauvaise évaluation du risque sont nombreux. La surestimation du risque peut entraîner plus de surveillance, de stigmatisation, de pratiques répressives injustifiées, des peines plus longues que nécessaire et un gaspillage de fonds pour des interventions non seulement inutiles, mais aussi potentiellement iatrogènes. La sous-estimation du risque, quant à elle, peut entraîner des violences et des victimes.
Parce que l'utilisation d'outils non adaptés peut instaurer un contexte propice à de mauvaises évaluations, la présente revue systématique a recueilli, évalué de manière critique et synthétisé la littérature scientifique sur la pertinence et l'utilité des outils utilisés pour évaluer le risque d'extrémisme violent.